Alors que le système éducatif sénégalais traverse une zone de fortes turbulences, la Coalition nationale éducation pour tous (Cnept) sort de sa réserve. Dans un appel solennel lancé ce 15 mars 2026, l’organisation interpelle directement le chef de l’Etat et le Premier ministre pour sauver l’année scolaire et universitaire, menacée par un déficit inquiétant du temps d’apprentissage.
C’est une école sénégalaise sous tension. Le constat dressé par la Coalition nationale éducation pour tous (Cnept) est sans appel : la situation dans les écoles et les universités a atteint un niveau «particulièrement préoccupant». Fidèle à sa mission de veille et de plaidoyer, la coalition exprime sa profonde inquiétude face à une crise qui semble s’installer durablement.
Le principal point d’achoppement réside dans le déficit du quantum horaire. Selon l’organisation, ce manque de temps d’enseignement compromet gravement la qualité de l’éducation et l’équité entre les apprenants, mettant en péril l’avenir de la jeunesse sénégalaise.
L’incompréhension face à l’inefficacité des accords
Pourtant, les outils pour stabiliser le secteur existent. La Cnept rappelle que le Sénégal dispose d’une vision politique claire, appuyée par des engagements internationaux, notamment l’Odd 4 pour une éducation de qualité inclusive et des programmes nationaux structurants tels que le «Paquet», la «Nithe» et la Vision 2050 du gouvernement. Silèye Gorbal Sy rappelle les recommandations fortes issues des Etats généraux de l’éducation et des concertations nationales, toutes validées par des conseils présidentiels. L’organisation s’étonne qu’après le diagnostic approfondi de ces assises et la signature du protocole d’accord de 2022 entre le gouvernement et les syndicats du G7, le système subisse encore de tels «soubresauts».
Un appel direct au sommet de l’Etat
Face à l’urgence, le président de la Cnept, Silèye Gorbal Sy, exhorte les plus hautes autorités de la République à prendre personnellement le dossier en main. La coalition demande au président de la République et au Premier ministre d’organiser des rencontres directes avec l’ensemble des acteurs : enseignants, étudiants, parents d’élèves et Société civile.
«Dans l’histoire récente de notre pays, de telles initiatives de dialogue au plus haut niveau ont permis […] de désamorcer des crises profondes et de sauver l’école sénégalaise.» La Cnept réaffirme que le respect des engagements et la concertation sont les seules voies pour restaurer un climat apaisé. Elle se dit prête à accompagner toute initiative permettant une sortie de crise durable pour garantir à chaque enfant du Sénégal son droit fondamental à l’éducation.